Un « Beauvau de la Sécurité civil bis » ? vraiment ?

Après les incendies dévastateurs de cet été, le Sénat annonce vouloir « engager conjointement un travail d’évaluation, de prospective et de propositions » sur la prévention et la lutte contre les feux de forêt.

Ah… un nouveau travail de réflexion !

On commençait justement à manquer de rapports. 😏

  • Évaluation.
  • Prospective.
  • Propositions.
  • Commission.
  • Auditions.
  • Rapport.
  • Conclusions.

Et dans quelques mois, peut-être même une belle pile de documents à ranger soigneusement dans une armoire.

Parce qu’en réalité, on sait déjà.

On sait que les massifs forestiers sont de plus en plus vulnérables.
On sait que les feux sont plus rapides, plus violents et plus difficiles à combattre.
On sait que les moyens humains et matériels doivent être renforcés.
On sait qu’il faut anticiper, entretenir les massifs, appliquer réellement le débroussaillement, développer la prévention et adapter nos doctrines.

On sait.

Et le Sénat le rappelle lui-même dans son communiqué : après les incendies de 2022, une mission avait formulé 70 propositions, avant qu’une loi ne soit adoptée en 2023.

Alors… on recommence ?

Parce qu’après le Beauvau de la sécurité civile, les rapports parlementaires, les missions d’information, les propositions de loi et les innombrables réunions, il semblerait qu’il reste encore une étape incontournable :

faire un nouveau rapport pour expliquer ce que les précédents rapports avaient déjà expliqué.

Pendant ce temps, sur le terrain, les pompiers ne font pas de prospective.

Ils attaquent les feux.

Ils constatent directement les conséquences du manque de moyens, du manque d’effectifs, du manque d’anticipation et des années de sous-investissement.

Les communes, les propriétaires forestiers, les professionnels de la filière bois et les populations exposées non plus n’ont pas besoin d’un énième tour de table institutionnel.

Ils ont besoin d’ACTION.

Des moyens humains.
Des moyens matériels.
Des effectifs.
De l’anticipation.
De la prévention.
Du débroussaillement réellement appliqué.
De l’entretien des massifs.
Une véritable politique de prévention et de protection.
Et surtout, une stratégie à la hauteur de la nouvelle réalité des incendies.

Le problème aujourd’hui n’est plus de savoir ce qu’il faudrait faire.

Le problème, c’est de le faire.

Alors oui, tirons les enseignements des catastrophes de cet été.

Mais de grâce, ne transformons pas chaque incendie en prétexte pour relancer un nouveau cycle de commissions, de groupes de travail et de rapports.

Parce qu’à force de « travailler sur le sujet », il va peut-être falloir penser à agir sur le sujet.

Un Beauvau de la sécurité bis ? Très peu pour nous.

Les pompiers n’ont pas besoin d’un nouveau diagnostic.
Ils ont besoin que les décisions soient enfin suivies d’effets.

  •  Moins de rapports.
  • Moins de postulats.
  • Moins de groupes de travail.
  • Plus de moyens.
  • Plus d’anticipation.
  • Plus d’effectifs.

À un moment, il faut arrêter de constater que le bateau prend l’eau… et commencer à écoper.

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